
“Quand on veut on peut”, c’est une illusion
On nous fait croire que tout dépend de nous, et qu’est ce que ça crée de la culpabilité ! C’est faux, tout ne dépend pas que de nous quand on vit en société.
Le dev perso a tendance Ă trop responsabiliser
"Quand on veut, on peut."
Cette petite phrase magique qui nous fait culpabiliser depuis des années.
On nous fait croire que tout dépend de nous.
Que si on échoue, c’est qu’on n’a pas assez voulu.
Que si on ne réussit pas, c’est qu’on n’a pas assez essayé.
Si je tiens l’imbécile heureux qui nous a bourré le mou avec ça…
Oui, la volonté compte. Mais vivre en société, c’est aussi subir des contraintes : un marché du travail qui fluctue, des inégalités, des imprévus et des systèmes qui ne sont pas toujours faits pour nous.
Le développement personnel a un défaut : il culpabilise trop.
Alors oui, travaille sur toi. Mais arrĂŞte de croire que tout est de ta faute.
Parce que parfois, simplement vouloir, ce n’est pas suffisant. Et c’est OK.
La volonté, oui mais pas seulement...
Oui, la volonté compte. Elle est même essentielle. Sans elle, on ne commencerait jamais rien. On ne persévérerait pas. On ne se relèverait pas après un échec.
Mais vivre en société, c’est aussi subir certaines contraintes : un marché du travail qui fluctue, des inégalités sociales, des imprévus, des systèmes qui ne sont pas toujours faits pour nous. Et ça, le développement personnel a tendance à l’oublier.
Vous rappelez vous du film Apollo 13 ? (Si vous ne l'avez pas vu, je vous le recommande !) Dans le film, Tom Hanks incarne Jim Lovell, le commandant de la mission. Quand tout va mal, quand l’oxygène vient à manquer et que la vie des astronautes est en danger, ils ne se disent pas "Quand on veut, on peut". Ils se disent : "On a un problème, et on va le résoudre ensemble." La mission change alors son objectif : il faut sauver les astronautes et les ramener sur Terre vivants.
En prépa mentale, j'appelle cela un échec réussi. La mission est un échec (ils n’ont pas atterri sur la Lune), mais c’est aussi un triomphe : ils ont survécu grâce à leur résilience, leur collaboration et leur capacité à s’adapter à l’imprévu.
Remettez cela dans un contexte plus réaliste. La première fois que vous avez passé votre permis et que vous l'avez raté. Cela a été fondateur et une expérience capitalisée pour mieux réussir la seconde fois : un échec réussi. Rappelez vous la fois où vous avez passé ce concours difficile et que vous l'avez raté tout en vous préparant encore mieux la fois suivante pour le réussir. Encore une fois, un échec réussi.
Parfois il faut reculer pour mieux sauter. Parfois, vouloir n’est pas suffisant. Et c’est OK. Parce que la vie, ce n’est pas juste une question de volonté. C’est aussi une question de contexte, de ressources, d'expériences et de chance.
Le développement personnel : un outil ou une arme ?
Le développement personnel, c’est formidable. Il aide à mieux nous connaître, à développer nos compétences, à prendre confiance en nous mais il a un défaut majeur. Il culpabilise trop.
La culpabilisation de l'échec
Quand on échoue, le développement personnel nous dit : "Tu n’as pas assez voulu." "Tu n’as pas assez travaillé." "Tu n’as pas assez cru en toi." "Tu es trop ceci." "Tu n'es pas assez cela."
Mais est-ce que c’est toujours vrai ?
Prenons l’exemple d’un licenciement. Si vous perdez votre emploi, est-ce que c’est vraiment de votre faute ? Est-ce que vous n’avez pas assez voulu garder votre travail ? Non. Parfois, c’est juste la faute à un marché du travail instable, à une entreprise en difficulté ou à un manager qui a fait un choix arbitraire.
Pourtant, vous vous sentez coupable. Parce qu’on vous a répété que tout dépend de vous.
Tout ne dépend pas de vous
La vie est un mélange de volonté et de circonstances.
La volonté, c’est ce qui nous pousse à agir, à persévérer, à nous améliorer.
Les circonstances, c’est tout ce qui nous échappe : l’économie, la politique, la santé, les imprévus, les autres…
Vous voulez créer votre entreprise ? Super. Mais si le marché s’effondre, si un concurrent vous écrase, si une pandémie arrive… est-ce que c’est de votre faute ? Non.
Vous voulez trouver l’amour ? Génial. Mais si vous tombez sur des personnes qui ne vous correspondent pas, si vous êtes dans un environnement où les rencontres sont rares… est-ce que c’est de votre faute ?
Non.
Le développement personnel a tendance à ignorer ces circonstances. Ce qui le rend dangereux.
Faut il jeter le dév perso à la poubelle ?
Non. Mais il faut le compléter avec une approche plus réaliste : la préparation mentale.
La préparation mentale, ce n’est pas juste une question de volonté. C’est une question de stratégie, d’adaptation et de résilience.
Stratégie : on analyse les contraintes (ex : marché du travail, ressources disponibles) et on adapte son plan en conséquence.
Adaptation : on accepte que tout ne dépend pas de nous et on trouve des solutions malgré les obstacles.
Résilience : on apprend à rebondir après un échec, sans se culpabiliser.
C'est comme un athlète qui se blesse avant une compétition ne se dit pas "Je n’ai pas assez voulu guérir." Il se dit : "OK, je suis blessé. Comment est-ce que je peux m’adapter pour performer quand même ou la prochaine fois ?"
Il en est de même pour un entrepreneur dont l’entreprise échoue ne se dit pas "Je n’ai pas assez travaillé." Il se dit : "OK, ça n’a pas marché. Qu’est-ce que je peux apprendre de cette expérience pour rebondir ?"
La préparation mentale, c’est ça : une approche réaliste, qui prend en compte à la fois la volonté ET les circonstances.
La différence entre le développement personnel et la préparation mentale

Et si vous arrĂŞtiez de culpabiliser ?
Souvenez vous que :
la volonté compte, mais elle ne suffit pas toujours.
les circonstances comptent aussi, et on ne peut pas tout contrĂ´ler.
la préparation mentale vous aide à accepter ça, et à trouver des solutions malgré tout.
Parce que parfois, vouloir, ce n’est pas suffisant. Parce parfois c'est juste en dehors de votre zone de maîtrise. Dans ces cas là , j'invoque la théorie non scientifique du 5C : "C'est Con mais C'est Comme Ca." Et c’est OK.
Références scientifiques :
Duckworth, A. L. (2016). Grit: The Power of Passion and Perseverance. Scribner.
Seligman, M. E. P. (2011). Flourish: A Visionary New Understanding of Happiness and Well-being. Atria Books.
Neff, K. D. (2011). Self-Compassion: The Proven Power of Being Kind to Yourself. William Morrow.
Kahneman, D. (2011). Thinking, Fast and Slow. Farrar, Straus and Giroux.
Kloves, J. M. (2018). Failure: A Sociological Perspective. Polity Press.
NASA. (1970). Apollo 13 Mission Report.

© Jennifer Charvolin